Collectif Adam de Craponne « succiepere et finire »
Étang de Berre, Crau, Alpilles, Durance, Camargue
En pleine sécheresse, EDF gaspille massivement l’eau de la Durance et met en péril la reprise de la vie marine dans l’étang de Berre. C’est inacceptable !
Les changements climatiques en cours se manifestent par l’aggravation de la durée et de la fréquence des sécheresses. Il en résulte la dégradation des rivières et des nappes phréatiques, les unes et les autres asséchées. C’est particulièrement le cas pour la Durance et ses nappes alluviales. Car, en plus de la sécheresse qui se prolonge depuis 2005, la rivière et les aquifères sont asséchées et dégradées par l’aménagement hydro-électrique qui détourne l’eau de la Durance sur 220 des 300 km de son cours, depuis Serre-Ponçon jusqu’à l’étang de Berre.
Malgré les conséquences graves, préoccupantes, de la sécheresse et de l’aménagement hydro-électrique, au lieu de restituer son eau à la rivière, EDF turbine sans retenue dans l’étang de Berre des quantités massives d’eau douce, souvent turbide, provenant de la fonte des neiges et des orages de montagne.
C’est irresponsable, en infraction avec toute la législation sur l’eau, un délit.
La sécheresse prolongée qui frappe notre région a une conséquence positive : elle a imposé une réduction importante des rejets de Saint-Chamas dans l’étang, permettant ainsi une reprise spectaculaire de la vie marine. Les turbinages actuels compromettent gravement cette embellie, le potentiel de vie, de loisirs et d’emplois de l’étang. Encore une raison majeure pour mettre un terme à ces turbinages !
Condamnée par l’Europe à cause de cette pollution, la France a obtenu un délai – avant sanctions – pour négocier les mesures de réhabilitation. Les négociations se prolongent et EDF profite de l’impunité ainsi assurée pour perpétuer la dangereuse subordination de la gestion de l’eau à la production d’électricité.
Le retour immédiat de l’eau de la Durance dans son cours naturel est un impératif, accru par la sécheresse, qui ne peut plus être négocié. Le Collectif Adam de Craponne demande aux pouvoirs publics français et à la Commission Européenne de mettre un terme à un laisser-faire nuisible et de prendre les mesures réparatrices immédiates qui s‘imposent :
· Augmentation à 15 m³/s du débit réservé à la Durance depuis Serre-Ponçon ;
· Restitution à la Durance de l’eau turbinée du canal usinier, à Mallemort.
Cette modification de la gestion de l’eau ne met pas en cause la réactivité de la chaîne Durance. La transformation au gaz naturel de la centrale fioul de Martigues-Ponteau vient enfin d’être décidée par EDF. Elle est ainsi opérationnelle quelles que soient les pollutions de l’air qui réduisaient son fonctionnement au fioul à 300h par an, et quelles que soient les conditions climatiques, canicule ou sécheresse, car elle est refroidie à l’eau de mer. La perte de production occasionnée par la mise en sommeil de Salon et Saint-Chamas (250 MW en tout) est plus que largement compensable avec Ponteau et ses 880 MW au gaz. Rien ne s’oppose donc à cette mise en sommeil temporaire, supportable, en attendant une modification plus profonde du fonctionnement de la chaîne hydroélectrique Durance.
2 Juin 2006
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